Tout savoir sur le paracanoë

PRÉSENTATION

Le Para Canoë est l’adaptation de la pratique du Canoë Kayak aux personnes en situation de handicap moteur et/ou sensoriel.

Ces adaptations sont principalement faites sur le matériel et la pédagogie d’apprentissage. Mais les grands principes ; s’équilibrer, se diriger et se propulser sont les mêmes que pour les pratiquants valides.

De la même manière que l’on doit choisir et adapter le matériel en fonction du public pratiquant : débutant ou confirmé, petit ou grand, enfant ou adulte, les constructeurs de bateaux proposent des gammes de bateaux pour tous les niveaux de pratiquants. Le Para Canoë s’inscrit dans cette même logique d’adaptation du matériel afin de permettre aux pratiquants de se déplacer avec sécurité, confort et efficience.

Le terme Para Canoë est composé d’un préfixe « para » qui fait référence au sport paralympique, adapté aux personnes en situation de handicap et du mot anglais « canoë » qui désigne les embarcations mues à la pagaie de type kayak ou canoë. A la différence de l’aviron, la pagaie n’a aucun point de fixation sur l’embarcation. C’est donc au pagayeur de créer son appui dans l’eau mais aussi de transmettre l’énergie à l’embarcation en utilisant son corps pour se déplacer. L’activité se pratique en compétition officielle en eau calme mais également en loisir sur tous les milieux (lacs, canaux,  rivières, mer). Ces pratiques permettent de naviguer dans un bateau monoplace ou en équipage.

 

Lien vidéo CPSF :  https://www.youtube.com/watch?v=mahPTIVZtHg&t=1s

 

CLASSIFICATION

Les types de classification dans ce sport s’expliquent par les déterminants de la performance dans cette activité. En effet, pour faire avancer efficacement une embarcation il faut :

  • Avoir un bon équilibre assis (position imposée – en pirogue ordinaire les rameurs sont en fente avant avec un genou dans le fond du bateau)
  • Être capable de transférer au bateau la force exercée sur l’eau avec la pagaie. Pour cela il faut, idéalement pouvoir gainer le bassin et appuyer sur le cale-pied pour faire avancer le bateau avec la pagaie comme on tirerait sur un poteau fixe.

 

Trois classes de handicap sont reconnues au niveau international. Comme pour toutes les activités paralympiques, le niveau 1 représente le niveau le plus important de déficience.

 

La classification se base sur 3 déficiences classifiables :

➡ Déficiences de force musculaire

➡ Déficiences d’amplitude de mouvement

➡ Déficiences de membres et assimilé (agénésie, amputation)

Retrouvez toutes les informations sur les catégories et les classifications sur la page CLASSIFICATION (Lien vers la page)

 

LES EPREUVES

Les compétitions internationales officielles se déroulent en confrontation directe, en monoplace, sur la distance de 200m, pour un effort compris entre 40’’ et 1 minute suivant l’embarcation utilisée et les catégories. Mais l’entraînement dans cette discipline est beaucoup plus varié dans un sport qui permet une grande variété de situations, que ce soit pour randonner, descendre des rapides ou joueur au kayak-polo.

La plupart des compétitions internationales comprennent trois « tours »

  • Des séries
  • Des demi-finales
  • Une finale A (8 premiers) et une finale B

Les meilleurs temps sont toujours placés au centre lors du tour suivant.

Le couloir de course mesure 9 m de large, ce qui nécessite de naviguer avec vitesse et précision surtout lorsque les conditions climatiques sont difficiles (vent ou vagues latérales).

 

Comme dans toutes les épreuves de sprint le départ est essentiel :

  • Les bateaux sont placés derrière une cale qui plonge sous l’eau au commandement du starter.
  • Si on anticipe le départ et que l’on vient pousser sur la cale avec l’avant de son bateau avant le départ, on l’empêche de descendre sous l’eau et le temps alors perdu est irrécupérable.

 

LES SPÉCIFICITÉS DU PARA CANOË

C’est un avantage d’avoir un grand buste et de grands bras, il faut être physiquement affuté mais le poids de corps à peu d’importance car c’est un sport porté et il faut être technique et fort (la relation force-vitesse est une constante dans tous les sports d’explosivité).

  • 200m, c’est environ 100 coups de pagaie. 1 coup de pagaie ou de rame manqué, il en faudra 2 ou 3 pour le rattraper et ce sont 3% d’efficacité en moins. Donc la technique est essentielle
  • Il faut mettre du rythme et de la force mais il faut surtout trouver de bons appuis dans l’eau, sinon, on rame dans le vide comme sur un vélo déraillé.
  • En va’a, le flotteur est un appui mais aussi un frein, donc il faut l’utiliser de façon optimale et qu’il soit hors de l’eau pendant toute la phase de glisse

 

LE MATERIEL

Le matériel de navigation (bateau et pagaie) a les mêmes caractéristiques que pour les pratiquants valides. L’usage du carbone est indispensable pour la pagaie et l’embarcation. Les pagaies de kayak sont de forme creuse, suivant un profil d’aile d’avion afin d’avoir un rendement maximum sur la distance de course. La pagaie de pirogue reste plate et deux modèles cohabitent sur les bassins de compétition. Les formes arrondies issues de la tradition polynésienne et les formes droites dérivées du canoë. L’usage du gouvernail est autorisé en kayak. Il est généralement contrôlé par les pieds, mais

 

En fonction des déficiences des compétiteurs, on s’aperçoit qu’ils ne manquent pas d’inventivité pour trouver des systèmes adaptés à leur handicap.

Ce qui fait la spécificité du Para Canoë se trouve donc plutôt à l’intérieur de l’embarcation. En fonction de chaque déficience, il faut trouver un système permettant au compétiteur de donner le meilleur de lui-même par des calages adaptés (emboitures pour les personnes amputées, coques moulées pour les paraplégiques, sièges ou cale pied sur mesure, etc… Les adaptations intérieures ne sont pas normées comme dans d’autres disciplines mais elles sont validées par les classificateurs et ne peuvent plus être changées sans autorisation en cours de saison.

 

Pour toute information complémentaire 

Charles DELVAL, Manager du Para Canoë FFCK : cdelval@ffck.org /06 47 98 69 32

Maïwenn LE FLOC’H, Cheffe de projet national Handikayak FFCK : mlefloch@ffck.org /06 04 43 71 13

 David BERNARDEAU, Référent national national Handikayak FFCK : dbernardeau@ffck.fr /06 99 30 34 04

 

📸 © Crédit photo : KMSP – P.MILLEREAU