Le rapport moral du président de la FFCK, Vincent HOHLER
Mesdames et Messieurs les Présidents de Comités Régionaux,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames et Messieurs les membres du conseil fédéral,
Mesdames et Messieurs les conseillers techniques,
Mesdames et Messieurs les membres d’honneurs de la FFCK,
Chers amis,
Nous voici réunis pour cette assemblée générale 2010, et je vous remercie de votre présence à ce moment privilégié, d’autant qu’il permet de situer notre engagement, nos avancées, nos réussites mais aussi nos attentes à mi olympiade.
Comme je l’ai précisé dans le rapport que vous avez reçu par voie postale du CKI spécial assemblée générale, il n’est pas envisageable de faire un bilan exhaustif de toutes les actions qui sont menées par le siège fédéral au travers d’un compte rendu, ou d’un discours d’assemblée générale, tant les domaines d’interventions sont importants. C’est bien l’ensemble des rapports, Secrétaire Général, Trésorière, Président du Conseil fédéral, Directeur Technique National, Présidents des commissions nationales qui rend compte de la qualité du travail effectué par le siège fédéral. Que tous trouvent ici l’expression de nos remerciements pour leur contribution au projet fédéral.
Je voudrais profiter de cette intervention pour vous proposer un bilan du projet politique à cette période de mi-mandat. Ce projet politique a pris sens au travers d’un projet fédéral centré sur nos clubs et par voie de conséquence vers leurs adhérents. Sa mise en œuvre procède d’une gouvernance rénovée, qui privilégie la réflexion et donc l’aide à la prise de décision avec l’ensemble des acteurs du monde fédéral.
Je m’attacherai donc, sans passer en revue les 38 défis du projet fédéral, à mettre en perspective d’une part les orientations de celui-ci et les actions réalisées ou en cours, et d’autre part les nécessaires améliorations ou modifications que nous devrons apporter à court terme pour assurer la réussite de ce projet. Ceci sans omettre de se situer dans un environnement national et international en pleine mutation.
Orientation 1 : la fédération et ses clubs
Cette orientation place le club au centre du dispositif fédéral et de nos préoccupations, et affiche la volonté d’aider ceux-ci à progresser sur les plans qualitatifs et quantitatifs, dans le respect de leur spécificité et de leurs aspirations. Le club de demain, c’est un club ouvert à tous les publics et à tous les modes de pratiques, qu’il soit de compétition ou de loisir.
Dans quels domaines, et en quoi notre réflexion, notre action, doit-elle permettre d’apporter des réponses aux attentes légitimes des clubs ?
En ce qui concerne les structures d’accueil :
Les bâtiments ou structures d’accueil appartiennent essentiellement aux communes. Or, les politiques d’aménagement du territoire sont en profonde mutation et cette mutation concerne à la fois la conception de l’aménagement du territoire et la façon dont les politiques agissent ou agiront pour gagner en cohérence et en efficacité. Nos clubs sont concernés par ces évolutions :
- De nouvelles compétences doivent être acquises pour nous permettre de devenir un élément véritablement structurant du développement des territoires
- De nouveaux partenariats doivent se constituer, en particulier avec les collectivités territoriales qui sont les principaux financeurs du sport
- Une nouvelle organisation devra être adoptée de manière à intégrer les mutations liées à l’émergence de nouveaux territoires d’actions, sous l’effet conjoint du développement de l’intercommunalité et d’autres « territoires de projet ».
C’est en fait, une nouvelle conception du développement de l’offre sportive qui est à promouvoir, une conception plus rationnelle, mieux planifiée, plus transversale.
Or, au-delà de l’enquête clubs qui a souligné cruellement le très mauvais état général de nos structures d’accueil qu’il convenait d’améliorer (défi 1 du projet fédéral), les analyses et observations des derniers mois reflètent une situation de quasi-inexistence de projet sportif ou projet de développement de nos clubs en dépit de la volonté affichée de nos clubs d’aller de l’avant. Cette faiblesse est un frein majeur à l’intégration par les collectivités et par l’Etat (via le CNDS) pour contribuer à la rénovation des bâtiments de nos clubs.
Aussi, il est apparût que l’amélioration des structures d’accueil ne pouvait avancer rapidement sans l’élaboration d’un projet sportif porté par les clubs :
- Un projet dépassant l’unique objet « sportif » et permettant d’intégrer/valoriser les autres dimensions/contributions essentielles du canoë-kayak (développement touristique territorial, cohésion sociale, développement de l’emploi, attractivité territoriale, gestion et préservation du patrimoine nautique, valorisation du patrimoine…)
- Un projet en écho au projet fédéral
- Un projet en écho aux attentes des partenaires financeurs,
- Un projet inscrit dans une réalité territoriale et ambitionnant un véritable partenariat durable avec les collectivités et les représentations institutionnelles territoriales.
La FFCK a lancé un appel d’offre pour choisir un cabinet de consultant afin de renforcer l’opérationnalité du projet fédéral en soutien au développement des clubs à travers l’élaboration de projets sportifs territoriaux. Il s’agit pour la FFCK :
- de soutenir les structures (clubs, structures déconcentrées) et leurs cadres dirigeants
- de placer le développement des compétences et la structuration des clubs comme un moyen de développement global de la fédération à tous les niveaux.
Le cabinet AMNYOS a été choisi et nous accompagnera pour que dès la fin de cette année, nos structures disposent d’un outil et d’une méthode d’aide à l’élaboration d’un projet sportif territorial. L’accompagnement de nos clubs est un point particulièrement important et il conviendra d’en définir les modalités.
Vous l’aurez compris, l’idée principale est d’avoir des projets clubs structurés et partagés qui soient des supports de discussion voire de négociation avec les financeurs (Etat, collectivités territoriales, autres) et qu’ils soient intégrés dans les projets de campagne des candidats aux élections municipales de 2014. Nous avons donc moins de 2 ans pour bâtir et promouvoir ces projets. A l’heure où les financements publics sont de plus en plus contraints, il est fondamental d’agir dans une politique de projet seule susceptible de réussir et non dans une logique d’opportunité définitivement dépassée et sans issue.
En ce qui concerne la labellisation, qui est connexe avec le sujet précédent
Aujourd’hui, le référentiel de l’Ecole Française de Canoë-Kayak est terminé. Ce label unique a pour ambition de privilégier la simplicité et la lisibilité de notre communication. Il doit permettre d’identifier le club affilié comme acteur d’une démarche de qualité qui dépasse largement le cadre purement sportif pour s’emparer de missions transversales en rapport avec l’évolution de la société.
Sur ce dossier, le dernier colloque des Présidents de région a identifié la nécessité de privilégier une démarche de progrès afin d’aider, encourager nos clubs à progresser vers un label EFCK qui sera exigeant. Cela devrait nous conduire à deux niveaux de label avec le même référentiel mais avec des exigences différentes : un label régional (L’ERCK) et un label national (l’EFCK), les comités régionaux étant largement associés à la démarche de labellisation et à l’accompagnement des clubs dans l’obtention d’un label.
En ce qui concerne la formation :
Il faut entendre par formation toutes les actions qui contribuent à développer des compétences chez nos cadres et dirigeants dans tous les domaines, en les aidant, au-delà des aspects purement sportifs, à s’adapter aux évolutions sociales, économiques et environnementales. Je pense notamment à la nécessité de s’adapter aux exigences de la professionnalisation, aux règlementations contraignantes qui s’imposent aux sports de pleine nature, aux défis de la concurrence commerciale, à la nécessité de répondre aux missions que sont la parité hommes-femmes, la lutte contre l’exclusion, la socialisation des jeunes générations…
Dans ce domaine, il nous faut resituer la filière de formation fédérale comme principal vecteur d’un enseignement, d’une formation de qualité que seules nos structures affiliées sont à même de proposer. La rénovation de la filière fédérale s’appuie largement sur la méthode d’enseignement pagaies couleurs et doit résolument nous faire évoluer d’une pratique pédagogique empirique à une pratique analysée, réfléchie, coordonnée, ou l’adhérent est au centre des préoccupations de l’enseignant. N’est ce pas là une garantie de faire adhérer et de fidéliser davantage ? Cette rénovation doit par ailleurs permettre à de nombreux jeunes de s’orienter plus facilement vers un métier du canoë-kayak, puisque la nouvelle filière et le dispositif pagaies couleurs permettent des allégements d’accès et de formation aux B.P., D .E. et D.E.S.
La filière de formation est en place et il faut la consolider, la déployer sur le terrain. Je remercie toutes celles et tous ceux qui se sont investis dans ces dossiers de formation, que ce soit les cadres du siège fédéral mais aussi tous les bénévoles et bien sûr la commission « formation » animée par Lucien Bertaux.
Je suis bien sûr conscient que nous devons à présent trouver une solution à la rémunération des moniteurs. Cette demande s’est traduite par la nécessité de recentrer notre réflexion sur les enjeux qui lui sont liés :
- Disposer dans nos clubs de ressources humaines compétentes pour l’encadrement des écoles de pagaies, pour la formation des futurs athlètes,
- Assurer l’encadrement d’une pratique estivale nécessaire à l’économie de nos structures,
- Permettre une plus grande souplesse dans les clubs en apportant une variable d’ajustement aux permanents des clubs.
C’est en ce sens que nous travaillons avec le ministère et d’autres fédérations pour apporter la meilleure réponse, qu’elle s’appelle CQP ou TFP.
La formation comme réponse à la parité hommes-femmes, à la formation des jeunes a commencé à trouver sa voie au travers de la réflexion du groupe CK au féminin, et de la création d’une commission jeunes. Là encore, il s’agit d’une démarche fondamentale en cohérence avec le projet fédéral qui place l’adhérent et le club au centre de notre action. Ces deux nouvelles entités se sont données comme objectif de mieux intégrer les publics qui les concernent. Cela se traduit notamment par une modification de nos représentations, et suppose de passer d’un modèle global dans lequel le public vient adhérer à un modèle dans lequel nous devons adapter nos activités aux attentes des publics considérés.
Les réflexions engagées par le groupe CK au féminin et la commission jeunes ont permis d’identifier des leviers communs autour de : la pratique sportive, qu’elle soit de type compétitif ou de loisir, de la formation et de la prise de responsabilité.
La réussite de ces véritables plans en faveur des féminines et des jeunes doit trouver un large écho au niveau des comités régionaux, dont-il faut souligner l’actuel engagement au travers de nombreuses animations en direction des jeunes. Cet écho doit permettre d’accompagner les clubs notamment par la mise en place de formations spécifiques pour que les cadres de demain, centrées sur l’accueil, l’animation, la communication en direction de ces publics.
Cette réussite passe aussi par une prise de conscience de l’ensemble des commissions sportives de l’intérêt de différencier nos représentations de la pratique tant compétitive que de loisir pour proposer des animations conformes aux attentes légitimes des féminines et des jeunes.
Des éléments de réponses existent déjà au plan national pour les jeunes avec la régate de l’espoir et le challenge national jeunes. Il faut maintenant aller plus loin, être innovateur, et ne pas oublier que l’avenir de notre fédération repose aussi sur l’intégration des féminines et des jeunes.
Orientation 2 : les sites de pratique et la sécurité
Cette orientation, au-delà des missions régaliennes que nous assurons au quotidien, concerne trois sujets principaux :
- Le classement des rivières
- La mise en œuvre de la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques (la LEMA 2006) dont en particulier les décrets relatifs à l’aménagement de certains ouvrages et à la signalisation de ces ouvrages
Ces 2 sujets pour lesquels je ne rentrerai pas dans une explication technique ici en raison de leur complexité sont cependant deux dossiers majeurs qui doivent permettent à terme d’obtenir des aménagements de nos sites de pratiques financés soit par des fonds publics soit par des fonds privés.
Le 3ème sujet concerne Natura 2000 :
- NATURA 2000 dont l’objet, pour le monde sportif, entre autre, consiste à accompagner la déclaration ou demande d’autorisation d’une manifestation sportive d’une évaluation des incidences sur les sites NATURA 2000. Pour l’instant, ce décret désigne 2 listes de manifestations : une liste nationale pour les manifestations nationales avec des critères précis, et une liste locale donc par département avec des critères dans ce cas là différents d’un département à l’autre donc aléatoires et non homogènes.
Sur ce sujet là encore, je ne rentrerai pas dans une explication technique. Cependant, ce sujet qui inquiète le monde sportif a fait l’objet de notre part de nombreuses interventions auprès des ministères des sports et de l’environnement, du CNOSF, de courriers à des préfets sur des projets d’arrêtés.
Quels enseignements pouvons-nous tirer de ces dossiers relatifs aux sites de pratique et la sécurité ?
- d’une part, nous avons des opportunités pour aménager les sites de pratiques en particulier les plus fréquentés (franchissements, débarquement, embarquement, signalisation,…)
- d’autre part, nous avons des menaces permanentes pour l’accès à nos sites de pratiques dans un monde ou la préservation de notre environnement et le développement durable, dans lequel nous nous inscrivons certes, considère souvent l’être humain comme ne faisant pas partie de cette nature …
Cela pose bien les questions de compétences à acquérir pour nous tous devant ces nouvelles dispositions qui dépassent le cadre pur de la pratique sportive et dont les délais de mise en œuvre sont courts alors même que nous n’y sommes pas toujours préparés.
Le combat est permanent et va durer. Nous devons nous y préparer.
Quoiqu’il en soit, toutes les équipes ont été mobilisées ces derniers mois : CTR, CDCK, CRCK, référents patrimoines nautiques etc. Le dernier colloque des CTR a été essentiellement consacré à ces thématiques et 4 colloques décentralisés se sont tenus à Arras, Toulouse, Angers et à Lyon qui ont rassemblé une centaine de personnes.
J’adresse un grand merci à vous toutes et tous pour cette mobilisation, un grand merci au service patrimoine nautique du siège fédéral pour cet énorme travail réalisé en synergie et convivialité avec la commission patrimoine nautique présidée par Bernard Duroure.
J’aurais pu vous parler encore de nombreux dossiers traités par cette commission, entre autre le Règlement général de la Police de l’Eau, rénové, qui est actuellement au Conseil d’Etat et dans lequel les services du siège se sont investis énormément pour défendre les intérêts et la sécurité des pratiquants.
Orientation 3 : la pratique sportive
Pratique sportive compétitive :
En ce qui concerne la pratique sportive compétitive, il convient dans un premier temps de s’attarder sur les résultats exceptionnels de nos équipes de France en 2010 : 53 médailles dont 22 en or.
Si toutes ces performances méritent au même titre nos félicitations, permettez-moi de mettre en exergue les résultats obtenus dans les disciplines olympiques à l’approche des jeux de Londres :
- Retour au plus haut niveau de Tony Estanguet qui obtient son troisième titre mondial
- Victoires historiques en course en ligne avec les titres pour le K4 1000m (Arnaud Hybois, Etienne Hubert, Philippe Colin, Sébastien Jouve) et pour le K2 200m (Arnaud Hybois, Sébastien Jouve)
- Argent pour Thomas Simart en C1 200m
- Argent et bronze en Paracanoë CEL pour Martin Farineaux et Séverine Amiot.
Si le mérite revient en premier lieu aux athlètes, il convient d’associer à ces performances l’ensemble des acteurs qui ont permis l’émergence de ces athlètes, dont en premier lieu le club qui a su donner l’envie, former et développer les compétences nécessaires avant la prise de relais par les structures régionales et nationales que sont les pôles. Que tous ces acteurs soient donc remerciés pour leur savoir faire et leur implication sans laquelle le canoë-kayak français ne serait pas à ce niveau.
La construction des athlètes, de la performance, comme je le disais, prend naissance dans le club. Il nous faut donc dans ce domaine aussi, accompagner le club pour que demain nous réserve autant de satisfaction. Cet accompagnement procède de facteurs multiples, dont :
- L’offre d’une animation sportive de qualité,
- Des procédures de reconnaissances des clubs formateurs,
- Un accompagnement des athlètes par les structures intermédiaires jusqu’à l’équipe de France (Pôles espoirs, Clubs excellences, dispositifs régionaux d’excellence, pôles d’excellence outre mer, concernant le 2ème niveau du PES ; pôles France et pôles France excellence en ce qui concerne le 3ème niveau du PES) (point que je laisse le soin au DTN de développer)
S’agissant de l’offre d’animation sportive, la dynamique mise en place avec la réécriture des règlements sportifs doit nous permettre, à partir des préconisations du bureau exécutif, de répondre aux attentes du haut niveau dans chaque discipline, notamment avec la prise en compte d’une saison plus longue, rendue possible avec le changement de saisonnalité. Je remercie l’ensemble des commissions sportives qui, à partir d’un remarquable travail de relecture des règlements actuels, fait des propositions qui doivent nous permettre d’envisager l’avenir du haut niveau avec sérénité, tout en proposant une animation ouverte à tous les publics.
Pour ce qui est des clubs formateurs, nous sommes en cours de finalisation du niveau 1 du PES qui concerne l’accès à la pratique sportive, donc la capacité de nos clubs à accueillir, former, donner envie de progresser, de se surpasser.
La compréhension de la stratégie de mise en place de ce premier niveau qui concerne le club ne peut être dissociée d’une analyse sociétale de la pratique sportive au XXIème siècle.
Des études récentes indiquent que le sport doit rester un facteur de cohésion et d’intégration sociale, et préconisent une offre alternative à la pratique classique du sport dans les grandes villes à travers de nouveaux concepts. Cela nous concerne.
Ces mêmes études déclarent qu’au sein des fédérations, des efforts sur la notion d’accueil doivent être réalisées pour que les femmes se sentent plus à l’aise dans l’univers sportif. Nous avons commencé à prendre en compte cette dimension.
Parallèlement, la hausse des pratiques des sports de pleine nature répond à une sensibilité accrue vis-à-vis de l’environnement.
Si l’on ajoute à ces éléments les potentialités financières offertes par les territoires, cela nous permet de comprendre pourquoi le plan fédéral met en exergue nos clubs.
Le niveau 1 du PES doit reposer sur le club qui est la seule structure qui peut prendre en compte les dimensions fédérales et locales : qualité de l’accueil et de son fonctionnement, capacité à se doter des outils nécessaires à ses activités et à élever son niveau de performance (pédagogique, éducatif, sportif).
C’est partant de ce constat que la construction de ce 1er niveau du PES se centre sur un nécessaire partage des tâches :
- Contribution de la fédération dans son rôle de définition de la règle,
- Contribution de la région pour la mise en œuvre du PES 1 et son contrôle,
- Action du club pour définir et s’engager dans un projet emprunt de réalisme et de progrès,
Cette dynamique doit susciter l’intérêt des acteurs et partenaires locaux du sport afin d’obtenir leur adhésion et, en conséquence, leur soutien. La partie ne peut être gagnée que si nous agissons tous ensemble.
Pratique de loisir :
Au-delà de la pratique compétitive, il y a l’animation en direction des publics loisirs. Sur ce plan, je concède qu’il reste beaucoup à faire. Si sur le papier il existe une commission loisir, celle-ci n’est pas réalité dans les faits. Il nous faut donc engager dans ce domaine une réflexion avec les différentes instances pour accompagner cette volonté de fédérer au-delà de la pratique compétitive en proposant des animations comme le font d’autres sports de pleine nature. Volonté qui doit par ailleurs nous aider à développer de nouveaux modèles économiques en cette période où les financements publics sont de plus en plus compromis.
Relations internationales :
L’orientation 3 intègre aussi les relations internationales, et la volonté de donner à la France la place qu’elle mérite à ce niveau. Dans ce domaine, les avancées sont significatives, avec la récente élection de Patrick BERARD au Board de la Fédération Européenne de Canoë.
Des premiers contacts intéressants ont eu lieu en Tunisie et lors du congrès de la FIC pour la création d’une confédération des pays francophones.
Pour renforcer ce positionnement, nous accueillerons dans quelques jours le Board de la FIC à Paris, pour la première fois, occasion par ailleurs de défendre les candidatures françaises aux championnats du Monde de slalom en 2015 à Bourg Saint Maurice, et championnats du Monde Kayak Polo en 2014 à Thury Harcourt.
Cette mise en perspective des orientations du projet fédéral et des avancées significatives des dossiers au service du développement des clubs ne peut être évoquée sans parler de la gouvernance pour rendre efficiente la mise en œuvre.
L’année 2010 a été l’occasion de renforcer cette gouvernance partagée à tous les niveaux :
- Réunion de la conférence des présidents de région lors de deux colloques, dont le dernier a permis d’évoquer la stratégie concernant le plan de rénovation et d’extension des clubs et la nouvelle labellisation. De revenir sur la notion de droits devoirs et territoires pour accompagner plus efficacement le développement des clubs. De réfléchir au changement de saisonnalité qui doit accompagner le projet fédéral et le rendre plus efficace.
Je m’attarde sur ce dernier point puisqu’il est à l’ordre du jour de cette assemblée générale pour vous faire part des arguments qui ont présidés à cette prise de position unanimement partagée par les différentes instances.
Le changement de saisonnalité doit nous inscrire dans une démarche de progrès parce qu’il doit permettre :
- De prolonger la saison sportive au-delà du 31 août, et même de nous mettre en conformité pour quelques championnats de France, pour notamment répondre aux exigences du haut niveau,
- De prolonger la période d’activité des clubs à la belle saison, pour répondre à l’essor sans précédent des sports de pleine nature et notamment du canoë-kayak,
- De mettre en cohérence l’adhésion des différents types de membres à la fédération,
- De nous positionner sur la même année de référence avec nos partenaires institutionnels et privés…
- Systématisation de deux colloques des cadres techniques, avec la perspective d’un moment d’échange avec les présidents de régions.
- Instauration d’un séminaire présidents des commissions sportives – Bex.
Une réflexion est aussi engagée pour rendre les travaux du conseil fédéral plus efficaces. Déjà, les deux derniers se sont déroulés sur deux journées.
Ce renforcement de la gouvernance correspond à une réelle volonté de partager les prises de décisions, d’enrichir la réflexion, et de permettre à tous les acteurs du développement de s’approprier les dossiers, de maîtriser les réglementations, de comprendre les enjeux liés aux changements proposés, pour être plus performant dans l’accompagnement de nos membres.
Je ne voudrais conclure cette intervention sans évoquer le sujet de Vaires sur Marne.
Dossier qui revient régulièrement dans l’actualité, il fait partie des grands dossiers d’équipements sportifs soutenus par le Conseil Régional d’Ile de France et l’Etat.
Le dernier Comité de Pilotage de ce projet a eu lieu le 17 mars, sous la présidence de Francis Parny, Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France, en présence d’un représentant de la ministre des sports, du cabinet d’étude chargé du projet, du Maire de Vaires sur Marne, de la FFCK (dont le CRCK) de la FSA, de l’UCPA…
Cette réunion avait pour objet de présenter le schéma directeur pré-opérationnel de l’aménagement du site et la révision du calendrier des travaux :
A partir de septembre 2011 : requalification du plan d’eau course en ligne,
2014 : livraison du stade d’eau vive,
Fin 2015 : livraison des derniers équipements.
Francis Parny, Vice Président du Conseil régional a réaffirmé la volonté de la région de faire aboutir la totalité du projet, et de réduire les délais de livraison des équipements. Il a réaffirmé l’objectif assigné à ces équipements, à savoir :
Permettre l’accueil et la formation des athlètes de haut niveau,
Accueillir des événements internationaux d’envergure,
Favoriser le sport éducatif et de loisir,
Participer au développement économique du territoire.
La priorité donnée au mouvement sportif est confirmée par la mise en place de structures d’hébergement et de restauration.
Concernant l’accueil de manifestations de Course en ligne en France, s’il parait évident que le site de Vaires devient un site phare capable d’accueillir un championnat du Monde, la stratégie actuelle d’accueil de manifestations internationales sur le territoire doit donner toute sa place à d’autres sites comme Gravelines, Libourne, Gérardmer… pour des coupes du monde notamment.
Parallèlement à ce chantier, nous avons engagé des discussions avec la mairie de Vaires et le Conseil Régional, dans le cadre d’un éventuel déplacement du siège fédéral sur le site. Ce déplacement correspond à la nécessité d’accompagner notre développement à tous les niveaux par des infrastructures nationales qui permettent l’accueil de toutes les forces vives de notre fédération dans de bonnes conditions, et la mise en place d’un pôle d’expertise et de formation du canoë-kayak français…
En conclusion, il me semble important devant vous aujourd’hui d’affirmer, ou plutôt de réaffirmer que la fédération est en ordre de marche pour accompagner et permettre à l’ensemble des structures de se développer, pour accompagner les clubs dans le respect de leurs aspirations et continuer à placer nos athlètes dans les conditions de la réussite, tout cela dans un environnement national et international qui évolue très rapidement, et dans un contexte économique de plus en plus contraignant.
Si nous voulons réussir le pari d’une fédération moderne, d’une fédération qui gagne, d’une fédération au service des clubs et des adhérents, il est indispensable que tous nous comprenions que la fédération ce n’est pas le siège fédéral, ce n’est pas le Bex et le conseil fédéral, c’est l’ensemble de ces instances et des structures déconcentrées (CRCK, CDCK) qui constitue le véritable moteur de notre fédération. J’ai su le mettre en exergue au travers d’une gouvernance partagée, participative. Pour que la réussite soit au rendez vous, il convient donc que tous nous adhérions à ce principe d’unité fédérale, que tous nous partagions le même projet fédéral et fédérateur. Que tous nous comprenions que la fédération d’hier ne peut plus être le modèle d’aujourd’hui, parce que les modèles qui nous entourent et dont nous dépendons évoluent, que se soit sur le plan sociétal, environnemental, ou encore économique.
Rassemblons-nous pour être plus fort.
J’en terminerai en remerciant :
Toutes celles et tous ceux, bénévoles, qui s’investissent à tous les niveaux de territorialité pour que notre fédération évolue, dont les dirigeants et cadres des clubs qui sont les principaux acteurs du développement, et le premier niveau de formation de nos athlètes de haut niveau.
L’équipe de direction nationale et les personnels du siège, les conseillers techniques nationaux et régionaux, qui par leur disponibilité et leur compétence assurent la mise en œuvre de la politique fédérale et l’accompagnement des structures déconcentrées au service des clubs.
Le directeur technique national auquel je renouvelle devant vous toute ma confiance, et avec lequel je travaille sereinement, sur un modèle de gouvernance partagée aussi, dans un souci d’efficacité au service de tous.
Merci de votre attention.
Vincent Hohler,
Président de la FFCK.